Pourquoi je suis Catho? Chesterton répond!

Gilbert_ChestertonL’autre jour, un écrivain bien connu, sinon tout à fait bien informé, a déclaré que l’Eglise catholique est toujours l’ennemi de nouvelles idées. Il ne lui était probablement pas venu à l’esprit que sa propre remarque n’était pas vraiment une nouvelle idée. C’est là une position que les catholiques n’ont jamais cessé de réfuter, parce qu’elle est une idée très ancienne. En effet, ceux qui se plaignent que le catholicisme ne puisse pas dire quelque chose de nouveau, manquent souvent eux-mêmes de dire quelque chose de nouveau sur le catholicisme. Et de fait, une véritable attention à l’histoire montrera que cette idée est curieusement contraire à la réalité. Dans la mesure où les idées sont vraiment des idées, et dans la mesure où de telles idées peuvent être de nouvelles idées, les catholiques ont toujours souffert de les soutenir quand elles étaient vraiment neuves ; quand elles étaient beaucoup trop neuves pour trouver ailleurs un appui. Le catholique était alors non seulement à l’avant-garde mais le seul en lice ; et personne n’était alors en mesure de comprendre ce qu’il y avait trouvé.

Ainsi, par exemple, près de deux cents ans avant la Déclaration d’Indépendance et la Révolution française, à une époque vouée à la fierté et à la louange des princes, le cardinal Bellarmin et Suarez l’Espagnol fixaient lucidement toute la théorie de la démocratie véritable. Mais à cette époque de droit divin, on les considérait comme des Jésuites sophistiqués et sanguinaires, rampant avec des poignards assassiner les rois. Donc, encore une fois, les casuistes des écoles catholiques déjà dit tout ce qui peut vraiment être dit des problèmes que soulèvent notre théâtre et nos romans d’aujourd’hui, et ceci, deux cents ans avant eux. Ils ont expliqué les problèmes de la conduite morale ; mais ils avaient le malheur de le dire deux cents années trop tôt. À une époque de démagogie fanatique et de vitupérations gratuites et faciles, ils se sont simplement fait traités de menteurs parce qu’ils étaient psychologues avant que la psychologie fût à la mode. Il serait facile de donner plein d’autres exemples, jusqu’à nos jours, et de parler de ces idées qui sont encore toujours encore trop neuves pour être comprises. Il y a des passages dans l’encyclique de Léon XIII sur le travail [également connu sous le nom Rerum Novarum publié en 1891] qui commencent seulement maintenant à être utilisés comme une référence pour les mouvements sociaux et qui feraient pâlir le socialisme. Et quand M. Belloc a écrit à propos de « l’État servile » (Servile State), il a avancé une théorie économique si originale que presque personne n’a encore réalisé ce que c’est. Dans quelques siècles, d’autres personnes le répéteront probablement, et le gauchiront sans aucun doute. Et si alors les catholiques s’opposent à ce gauchissement, leur protestation sera facilement expliquée par le fait bien connu que les catholiques n’ont aucun goût pour les nouvelles idées.

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