Pourquoi je suis Catho? Chesterton répond!

Chesterton 2Néanmoins, l’homme qui fit la remarque à propos des catholiques voulait bien dire quelque chose ; et c’est simplement de la charité que de le lui faire mieux comprendre qu’il ne l’a dit lui-même. Ce qu’il voulait dire, c’est que dans le monde moderne, l’Église catholique est effectivement l’ennemi de la mode ; de ces modes dont la plupart se disent encore nouveaux, alors qu’ils sont en réalité bien fades. En d’autres termes, si cet homme voulait dire que l’Eglise attaque souvent ce qui retient les suffrages du monde à un moment donné, alors il a parfaitement raison. L’Eglise s’oppose souvent aux modes de ce monde qui passe ; et elle a assez d’expérience pour savoir que les modes passent comme un souffle. Mais pour comprendre encore mieux ce qui est en cause, il est nécessaire de prendre un peu de recul pour examiner la nature ultime des idées en question, de considérer, pour ainsi dire, l’idée de l’idée.

90 % de ce que nous appelons de nouvelles idées ne sont souvent que des erreurs du passé. L’une des tâches les plus précieuses de l’Église catholique est d’empêcher les gens de répéter ces erreurs du passé. La vérité sur l’attitude catholique envers l’hérésie, ou comme diraient certains, envers la liberté, est peut-être mieux rendue par la métaphore d’une carte. L’Eglise catholique porte une sorte de carte de l’esprit qui ressemble à la carte d’un labyrinthe, mais qui est en fait le guide du labyrinthe. Il a été compilé à partir d’une connaissance qui, même considérée comme connaissance humaine, est tout à fait sans parallèle humain.

Il n’y a pas d’autres exemples d’une institution continûment intelligente qui ait réfléchi sur l’idée de l’idée pendant deux mille ans et dont l’expérience couvre naturellement la quasi-totalité des expériences et en particulier à peu près la totalité des erreurs. Le résultat est une carte sur laquelle toutes les impasses et les mauvaises routes sont clairement balisées ; sur laquelle tous les chemins qui se sont révélés sans valeur sont signalés par la meilleure de toutes les preuves : le témoignage de ceux qui les ont empruntés.

Sur cette carte de l’esprit les erreurs sont marquées comme des exceptions, une part congrue. Le reste, la plus grande partie, se compose de terrains de jeux et de délicieux terrains chasse champs, où l’esprit peut avoir autant de liberté qu’il désire, sans parler d’un certain nombre de champs de bataille intellectuelle où la bataille est indéfiniment ouverte et à jamais indéterminée. Mais elle prend la responsabilité de marquer certaines routes comme menant nulle part ou conduisant à la destruction, droit dans un mur ou vers un précipice. Par ce moyen, elle prévient les hommes de perdre leur temps ou de perdre leur vie sur les chemins qui se sont révélés futiles ou toujours plus désastreux par le passé, et qui autrement pourraient piéger encore et encore les voyageurs à l’avenir. Et c’est une grande responsabilité pour l’Eglise que d’avertir son peuple de tout cela et c’est bien ici le point le plus décisif dans ce débat. Par le dogme, elle défend l’humanité de ses pires ennemis, ces monstres horribles et grossiers et anéantissant de vieilles erreurs. Toutes ces fausses questions qui, réchauffées, apparaissent aujourd’hui des questions nouvelles à la nouvelles générations et qui s’habillent toujours, à première vue, de plausibilité et d’innocence. Je n’en donnerai que deux exemples.

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