Eglise, que dis-tu de toi-même ?

 Ceci est un très beau texte sur l’Église d’un certain Arnold Stötzel que le théologien allemand Gerhard Lohfink met en clôture de son livre Does God need the Church? Il y était traduit de l’allemand en anglais et j’ai complété le chemin pour le français. Bonne lecture…

Église, que dis-tu de toi-même?

Je suis venue tard dans le monde, tout était déjà en place. Dire que je viens de la barbarie ne serait pas juste. Dire que je viens de rien serait plus proche de la vérité. IL m’a trouvée. C’est tout. Ma demeure était la poursuite d’une trace, un parfum qui m’était étranger.

Lorsqu’ils bâtirent la tour de Babel, je me suis dit à moi-même : le pouvoir s’est installé chez les hommes depuis bien longtemps. Me tenant au pied des pyramides, j’ai confessé : la religion, ils l’ont aussi. M’étant retrouvée parmi les Romains, j’ai pensé : qui pourrait jamais encore bâtir un empire comme celui-ci ? Je me suis retrouvée face à Platon et me suis murmuré : la sagesse n’est-elle à demeure ici ? Y a-t-il une place pour moi en ce monde, un besoin de moi ? Mon seul équipement demeurait cette question-là. Elle m’a rendue vagabonde parmi les peuples et les âges.

Quand j’essayai d’être ce que je suis, mon initiation commença. Je glissai dans la robe de la religion, mais ce ne fut que lambeaux sur ma peau. Ne serais-je donc pas une religion ? Je fis alliance avec le pouvoir et l’État ; je rêvai d’un empire qui soit à moi et j’agis comme les puissants. Ce rêve se fracassa. Devais-je inaugurer un nouveau type de royaume ? Je vis les nations naître et mourir, vivant selon leurs propres lois. Serais-je un peuple appelé à vivre autrement ? Toute la sagesse que j’entrevis dans toutes les écoles du monde m’incitèrent à me former à travers ce que je vécus, et à partir de l’inquiétude qui habitait ma turbulente existence.

EgliseJe suis celle qui porte et souffre de la lumière de la sagesse de Dieu à propos du ciel et de la terre, l’unique médiateur du salut pour cette planète. Pour mon bien, il porte le nom très honorable d’ « étoile de la rédemption », car je porte en moi la mesure même de Dieu ; les vues de Dieu sur notre monde sont gravées en moi et en mon histoire. Regardez-moi : je suis pécheresse et j’ai des enfants pécheurs, mais j’ai été faite sainte pour mon boulot – non pour mon propre bien mais pour le bénéfice du monde. Je suis immaculée comme une fiancée, belle à regarder parce que j’ai été purifiée.

IL n’en a pas trouvé une autre. C’est la raison de mon humilité, de ma fierté et de ma misère. Le chant de mon « heureuse faute » est l’hymne de salut pour le monde.

Arnold Stötzel

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