11 novembre : un anniversaire!

J’ai 32 ans ! Non, 33 et même plus ! Je suis né avant de l’être ; je suis né quand je ne savais pas encore ce qu’est le monde. Je suis né quand mes parents se sont rencontrés et qu’ils se sont dit « tiens, nous aurons une famille et nous auront des enfants ». J’avais un prénom avant d’en avoir ; ils me connaissaient, ils m’appelaient quand je ne savais encore répondre. Beaucoup de gens se réjouissaient de m’attendre, et beaucoup se battaient de savoir quel prénom je porterais. Si, si ! Mon frère Francis, paix à son âme, qui était mon aîné de 6 ans, fier d’avoir un frère, courut regarder au calendrier et rapporta mon prénom comme un trophée : Léonard.

De cette histoire que je raconte, je n’en sais rien ; ce n’est pas pour cela qu’elle n’a pas existé. Les débats de nos jours sur ces enfants qui seraient des choses avant de naître, sur ces vieillards qui seraient des légumes avant de n’être plus sont des philosophades de gens oiseux. Moi, je le sais : je ne serais même pas né que j’aurais gardé dans le cœur de Francis qui surveillait ma naissance tel un gynéco, la trace d’une joie perdue ou d’un drame qui aurait déterminé sa vie. Nous ignorons tout ce que nous avons fait avant de naître un matin ou un soir. Cette bagarre que nous avons provoquée entre papa et maman, cette gifle que le gynéco s’est fait appliquer, ce rire que nous avons arraché à grand-mère et ces larmes de grand-père, cette angoisse suscitée chez maman, cette espérance que nous avons apprise à papa, nous étions les héros d’une histoire que nous imaginons à peine.

anniversaire2Quoi me dira-t-on ? N’a-t-on pas le droit ? À quoi je répondrais qu’il faut être avant d’avoir, fût-ce un droit. Et pour être nous devons être aimé d’ailleurs, par quelqu’un que nous ne connaissons pas, que nous n’avons pas vu parce que nous ne pouvions voir, que nous n’avons pas entendu parce que nous ne pouvions entendre… par nos parents. C’est bien pourquoi je suis né quand je n’étais pas encore né. Je suis né dans l’amour, quand je n’étais pas encore. J’ai 32 ans. Non, 33 ou même plus. Et d’ailleurs, à quoi servent les années si l’on n’est pas aimé ?

Je ne serai donc pas narcissique au point de me souhaiter un joyeux anniversaire. Ou je me le souhaite en une forme d’action de grâce à Dieu pour tous ceux là qui permettent de commencer l’année zéro de sa vie et que je ne saurai pas nommer puisque, hors mes parents, je ne les connais guère. C’est sûr, c’est seulement un jour dans la lumière que nous saurons pourquoi il faut dire merci. Faute de savoir à qui je dois dire merci (merci à qui passera par ici par exemple), je lance le mot vers Dieu, vers le Ciel et espère qu’il répandra les mérites. Alors, MERCI…

1469 Nombre total de clics 1 Pages vues today

2 réponses

    • Merci Monique!
      Cette histoire est une sorte de méditation sur la vie. La mienne, oui! Mais est-elle seulement mienne quand elle est don de Dieu et fruit de tant d’amour, de parents, d’amis, de toi, d’autres, d’inconnus? Tel est peut-être le mystère…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *