Un air de ciel

Si ce monde n’avait pas d’extérieur, il ne pourrait à terme nous promettre qu’une chose : d’étouffer. S’il n’y avait dans la vie rien de plus grand que la vie, la vie ne pourrait nous offrir qu’une chose : la mort.
Mais heureusement, ce monde est ouvert sur un Infini qui lui donne de l’air et du souffle. Et il y a dans la vie des choses pour lesquelles il vaut la peine de donner sa vie. Car il n’est pas vraiment d’homme s’il n’aspire à ce qui le dépasse. Il n’y a pas de plus grand amour…

toussaintDe ces quelques remarques, la vie des saints est l’illustration la plus merveilleuse. Ils sont ceux à qui Dieu a donné – et qui ont accepté ce don – de respirer à plein poumon cet air inconnu des mortels, l’Esprit qui donne la Vie. Ils sont ceux qui se sont dévoués jusqu’à la mort à ces choses humbles pour lesquelles aucun sage et savant n’ose mourir : des enfants de Calcutta aux moutons dont Ste Germaine appréciait tant la compagnie. C’est pourquoi, ils méritent que nous nous arrêtions, un jour n’est pas assez, pour les saluer.

Un des caractères de l’Église catholique, écrivait Ernest Hello, c’est son invincible calme. Ce calme n’est pas la froideur. Elle aime les hommes, mais elle ne se laisse pas séduire par leurs faiblesses. Au milieu des tonnerres et des canons, elle célèbre l’invincible gloire des Pacifiques, et elle la célèbre en la chantant. Les montagnes du monde peuvent s’écrouler les unes sur les autres. Si c’est ce jour-là la fête d’une petite bergère, de sainte Germaine, par exemple, elle célébrera la petite bergère avec le calme immuable qui lui vient de l’Éternité.

A l’heure où l’on promet à l’homme qu’il sera augmenté avec force puces électroniques et qu’il pourra vivre ici-bas sans fin – s’il n’étouffe d’ennui ou ne crève de réchauffement climatique – les saints nous ouvrent le ciel cette semaine pour une fête de communion, pour un appel d’air frais, pour entrevoir Cela qui est plus grand que la vie, pour mourir de désirer les rejoindre un jour pour la vie qui n’étouffe et ne meurt point. Et surtout pour nous apprendre à donner à ce qui n’est que de la terre, humain trop humain, cet air frais qui vient de l’Éternité, qui les retienne de moisir et les porte vers plus qu’elles ne sont.

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