Un monde (?), demain?

Ceci est est une sorte de « théo-fiction » en conclusion à une journée que j’ai, par l’amitié d’un confrère, été invité à animer sur la famille. Elle a été inspiré par le livre de François-Xavier Bellamy (Les déshérités) sur lequel je reviendrai prochainement.

En 2055, pour avoir des enfants, les femmes ne seront plus obligés de porter une grossesse pendant neuf mois. Celles qui refuseront et continueront de le faire seront regardées comme rétrogrades et intégristes. D’ailleurs les hommes ne seront pas obligés de les mettre enceinte ni par la voie naturelle ni par insémination artificielle. Il y aura des couveuses naturelles qui porteront les bébés pendant 9 mois, pendant ce temps le papa – mais est-ce encore vraiment un papa – et la maman – mais est-ce encore une vraie maman – pourront vaquer à leur occupation et neuf mois après, ils pourront venir chercher le bébé.

En fait je me trompe, ils ne pourront pas chercher le bébé, parce qu’une machine pourra mieux prendre soin de lui que des hommes. Elle pourra lui porter le biberon quand il a faim, déclencher une douce musique berceuse quand il est fatigué, lui lire une histoire avant le coucher, lui donner grâce à des programmes informatiques extrêmement sophistiqués des caresses si douces qu’aucun homme n’en est capable, lui apprendre à marcher sans se casser la tronche mille fois, etc. toutes ces choses que les vrais pères et les vraies mères ne savent faire que très maladroitement. La machine pourra s’occuper de lui jusqu’à cinq ans et les parents – mais sont-ils encore de vrais parents – pourront venir le récupérer.

standards-parentsMais non, je me trompe encore une fois : à cinq ans, ils sera mis à l’école et comme l’école est supposée le séparer de ses parents pour qu’il ne soit pas trop influencé par des préjugés de ceux-ci, on le gardera là. Ses parents, s’ils en ont encore le temps, pourront aller le voir de temps en temps, mais ils ne pourront rien lui apprendre parce que ça ne vaudra pas la peine : il aura tout sur internet, y compris l’histoire de sa propre famille sur cinq générations, il pourra voir et lire tout ce qu’il voudra sans que ses parents y soient pour rien du tout. Il pourra également lire tout ce qui concerne les religions sur internet – et sur ces religions sur internet, Dieu sait qu’il y en a de toute sortes – et quand il aura fini de lire tout ça, il pourra choisir s’il veut être djihadiste, chrétien fondamentaliste, protestant, catholique, incroyant, etc. Il ne faut surtout pas que les parents – mais sont-ils encore de vrais parents – aient un rôle quelconque à jouer, il choisira quand il sera grand.

Vous avez remarqué que je me suis posé plusieurs fois la question : mais sont-ils encore de vrais parents ? Et c’est une question qu’on peut légitimement se poser. Mais qu’est-ce qui fait d’un parent, un parent ? Mais je me suis aussi posé la question de savoir s’ils sont de vrais parents ? Mais qu’est-ce qui est vrai ou pas, qu’est-ce que la vérité ?

Ceci a déjà été essayé et on l’essayera encore un jour certainement. On sait que Hitler avait parfois séparé les enfants blonds aux yeux bleus de leurs parents juste pour les faire élever de façon plus réglée comme par des machines et préparer la race forte qui devait peupler son monde. Nous nous rassurons souvent en disant que Hitler était un fou ; je vous assure que c’était le cas; mais je vous assure également que les fous n’ont pas disparu de la terre. Un monde dans lequel, parce que les hommes ont refusé de transmettre, ce sont les machines qui s’en chargent, n’est donc pas aussi loin de nous qu’il paraît. Mais est-ce ce monde-là que nous voulons transmettre à nos enfants, comme un dernier cadeau, comme une dernière transmission ?

Quand un cardinal joue les play-boy: l’interview qui fâche!

Je viens de traduire cet interview qui a fait du bruit au mois d’octobre (et le vent ne fait que se lever apparemment) et qui m’est passé inaperçu. Une amie avec qui je discutais ce midi m’en a révélé l’existence. Et je crois que les Africains qui comme moi se sont désintéressés du synode sur la famille, dont l’agenda paraissait bien trop européen, dicté par les médias, en ont ici une confirmation et une raison de regretter de l’avoir fait. Grosse gaffe ou pas, la poussée raciste du grand cerveau du pape François a de quoi faire réfléchir. Mais je publie d’abord ma traduction de l’interview, réservant les commentaires pour le prochain billet. Les (???) disent sans doute mes difficultés à traduire mais surtout mon incertitude sur le sens de la phrase.

Votre Éminence, comment vont les choses au Synode ?

Tout est très calme actuellement. Ce matin, c’était un peu chaud mais c’est évidemment à cause de vous, les médias.

Hier on nous a dit que « l’esprit de Vatican II» soufflait au synode. Êtes-vous d’accord avec cela ?

C’est vraiment l’esprit du concile – je confirme.

Sentez-vous venir du changement sur la question du divorce et du « remariage » ?

J’espérais qu’il y aurait une certaine ouverture et je crois que la majorité pense comme moi. Ce n’est qu’une impression ; il n’y a pas de vote. Mais je pense qu’on peut espérer une certaine ouverture. Mais peut-être cela n’arrivera-t-il qu’au prochain synode.

Avez-vous senti une opposition croissante à vos propositions ces derniers jours ?

Non. Dans la première phase du synode, j’ai vu plutôt une majorité croissante en faveur d’une ouverture. Je l’ai vu – mais c’est plus qu’un sentiment. Il n’y avait pas de vote. Il y aura (bien sûr) un vote, mais ce n’est pas encore le cas.

Savez-vous comment le Saint Père regarde le synode et ses développements si importants ?

Il ne l’a pas dit – il a été silencieux, il a écouté très attentivement, mais c’est clairement ce qu’il désire, c’est évident. Il veut une part importante de l’épiscopat derrière lui et il en a besoin. Il ne peut pas le faire contre la majorité des évêques.

Y a-t-il un intérêt pour lui à pousser les choses aussi loin ?

Il ne pousse pas. Dans son premier discours, il parlait de liberté : liberté de parole, tout le monde devait dire ce qu’il pensait et ce qu’il avait sur le coeur et cela s’est révélé très positif. Personne ne se demande : « qu’est-ce que le Saint-Père pense de ceci ou cela ? Qu’est-ce que je peux dire ? » Cette liberté d’expression a été très concrète à ce synode, plus que dans d’autres.

On raconte qu’il a ajouté cinq rapporteurs spéciaux vendredi pour aider le rapporteur général, le cardinal Peter Erdö. Est-ce parce qu’il essaie d’influencer le cours des chose selon ses désirs ?

Je ne suis pas dans le secret du cerveau du Pape. Mais je pense que la plupart de ces cinq personnes sont des gens ouverts qui veulent aller de l’avant. Le problème, c’est qu’il y a des problèmes différents de continents différents et de cultures différentes. L’Afrique est totalement différente de l’Occident. C’est également le cas des pays asiatiques et musulmans ; ils sont très différents, en particulier à propos des gays. Il n’y a pas de dialogue possible sur ce sujet avec les Africains et les populations des pays musulmans. C’est impossible. C’est un tabou. Nous, nous disons que nous ne devrions pas discriminer, nous ne voulons pas faire de la discrimination à certains égards.

Mais les participants africains sont-ils écoutés à cet égard ?

Pour la plupart d’entre eux, non!

Ils ne sont donc pas écoutés ?

Ils se font écouter en Afrique certainement où c’est un tabou.

Qu’est-ce qui a changé pour vous dans la méthodologie de ce synode ? [question du journaliste français]

Je pense qu’à la fin nous devrions avoir une ligne générale dans l’Église, des critères généraux ; mais nous ne pouvons pas résoudre les problèmes de l’Afrique. On doit aussi donner de la place aux conférences épiscopales locales pour résoudre leurs problèmes ; avec l’Afrique, c’est impossible à faire. Ils ne devraient pas trop se mêler de nous dire ce que nous avons à faire.

Master Kasper likes only one kind of African: muzzled, submissive, and silent, and who knows his own place

Master Kasper likes only one kind of African: muzzled, submissive, and silent, and who knows his own place

Il y a beaucoup d’inquiétude au sujet de votre proposition.

Oui, oui, il y en a beaucoup.

On dit qu’elle provoque beaucoup de confusions parmi les fidèles, et qu’elle inquiète beaucoup de personnes. Que répondez-vous à cela ?

Je ne peux parler seulement de l’Allemagne où la grande majorité veut une ouverture à propos du divorce et du remariage. C’est le cas en Grande-Bretagne, et partout ailleurs. Quand je parle aux laïcs, même les personnes âgées qui sont mariés depuis 50/60 ans, ils n’ont jamais pensé au divorce, mais ils trouvent qu’il y a un problème avec leur culture et qu’un problème se pose de nos jours dans chaque famille (???). Le Pape m’a également dit que [ces problèmes existent] aussi dans sa propre famille, et observant les laïcs et il voit que la grande majorité est favorable à une ouverture raisonnable et responsable.

Les gens ont cependant l’impression que l’enseignement de l’Eglise va être détruit par votre proposition si elle passe : ce serait défaire 2000 ans de doctrine de l’Eglise. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Personne ne met en cause l’indissolubilité du mariage. Je pense que ce ne serait pas d’un grand secours pour les gens ; mais si vous regardez à cette parole de Jésus, il y a différents évangiles synoptiques dans des endroits différents, dans des contextes différents (???). C’est différent dans le contexte judéo-chrétien et dans le contexte hellénistique. Marc et Matthieu sont différents. Il y avait déjà un problème à l’âge apostolique. La Parole de Jésus est claire, mais comment l’appliquer dans des situations différentes, complexes ? Il y a un problème à appliquer ces paroles.

L’enseignement ne change pas ?

L’enseignement ne change pas mais ion peut l’approfondir, il peut être différent. Il y a aussi une certaine croissance dans la compréhension de l’Evangile et de la doctrine, une évolution. Notre fameux cardinal Newman avait parlé du développement de la doctrine. Pareillement, il ne s’agit pas d’un changement, mais d’un développement dans la même ligne. Bien sûr, le pape le veut et le monde en a besoin. Nous vivons dans un monde globalisé et on ne peut pas tout gouverner, à partir de la Curie. Il doit y avoir une foi commune, une discipline commune, mais une application différente.